Je suis bien embêté… J’aimerais pouvoir vous écrire un p’tit billet, comme je l’ai déjà fait pour Sofia Ribeiro et Thaïs Morell, ou, dans une moindre mesure, les Cahiers d’Auré… J’aimerais pouvoir vous vanter à nouveau les mérites d’un groupe au succès très modéré. Mais en ce jour de jeudi l’inspi me fuit, alors le plus simple reste de vous raconter comment j’ai découvert, comme souvent par hasard, Great Mountain Fire.
Je l’avoue sans honte ni gloire, je n’aime pas les « festoches ». On y boit de la bière, on y mange des frites et du gras. Non pas que je n’aime pas ça, mais c’est souvent debout avec les doigts, ou sur un banc dégueulasse, ou par terre sur un champ de patates boueux. On se caille avec un K-Way et des bottes PVC super pas sexy. On y débranche le cerveau, on y réfléchit pas trop; on « chill » comme disent les jeunes… Mais moi, j’ai toujours préféré les salons feutrés et cosys, où on y boit des cocktails de fruits « OKLM » ; mon côté jeune vieux sans doute.
Alors, non, je n’aime pas particulièrement les « festoches »… Mais c’est populaire et joyeux, on y croise les regards de gens parfois très heureux, et, après tout, on ne se brûle pas à la chaleur humaine. Et puis comme j’aime beaucoup mon ami Rémi, et qu’un jour celui-ci m’a dit : « Viens à Liège pour les Ardentes ! » synonyme dans mon esprit de proies faciles et pas farouches (je ne savais pas ce que c’était à l’époque), j’ai dit « Banco ! »
C’est un samedi après-midi, sur l’Open Air et sous une bruine légère que je vois un petit maigrichon sauter et gigoter sur la (très grande) scène du nord de Liège. Il chante « Rrose Selavy » et il appelle le public à bouger avec lui. Mais dans l’étendue clairsemée du parc Reine Astrid, peu d’entre eux ont suivi; la veille, ils étaient restés, bravant le déluge, pour Shaka Ponk. Je bougeais pas plus que les autres mais j’aimais bien, alors j’ai noté, pour plus tard.
C’est des mois et des mois après que j’ai réécouté « 5-Step Fever », « Lapis Lazuli », « The Magic », « Four-Poster Ride » et tous les sons un peu rétro de Sundogs. Rapidement, j’ai dérivé sur Canopy, leur premier album ; entre « Crooked Head », « If A Kid » et « Late Lights » ça ressemble un peu à The Shins, The Kooks, ou Band of Horses, pour ce que j’en connais, mais ça me fait surtout penser à du Pheonix époque United. Paraît que c’est de l’alternatif… moi, sauf grossières exceptions, je ne sais pas mettre un genre à une musique pop, mais je dirais juste que c’est le genre de trucs que je mets le samedi matin juste après m’être levé, tout guilleret, en buvant mon thé, et en arrosant ma fausse plante morte.
Quand j’y pense, il n’y a presque que des hits en puissance sur ces deux albums. Alors quand je vois même pas 30.000 vues sur « It’s Alright », que je me rappelle qu’au final on ne se brûle pas à la chaleur humaine et que je n’aime définitivement pas les « festoches », oui, pour le coup, je suis bien embêté…
Ecoutez Great Mountain Fire, c’est bien.