Thaïs Morell

Peut-être par élitisme prétentieux, ou par envie viscérale de l’exception – à défaut d’être soi-même exceptionnel – une de mes grandes passions, un de mes passe-temps favori, est de trouver des perles inconnues, des artistes incroyables qui colorent et enrichissent les Internets mais qui culminent à quelques milliers de vues.

De la découverte en découle un privilège ; la sensation unique et galvanisante d’être le seul à détenir un secret, à posséder un trésor. C’est futile et vaniteux, c’est toujours plus simple et moins dangereux que d’aller physiquement à la conquête du dahu en terre inconnue. Courageux mais pas téméraire.

J’avais déjà parlé de Sofia Ribeiro, de son album « Mar Sonoro » et du son de sa voix cristallin. Dans la même veine, il y a… Thaïs Morell.

On me regarde souvent avec des grands yeux lorsque j’avoue sans honte aimer le tango. Et à bien des égards, bossa-nova et tango se ressemblent. On y parle d’amour (beaucoup) sans vulgarité (jamais), avec douceur et poésie tendre et désuète.

C’est tout ça qu’on retrouve dans Thaïs Morell ; une certaine idée de la prestance, d’une présence, d’une classe simple et discrète.

Avec son rythme lent et chaloupé, ses solos de flûte traversières et ses airs de guitares, le morceau « Danza Esperanza » ne jurerait pas dans une milonga, malicieusement placé entre un « Oblivion » et de l’Hugo Diaz. Et c’est dans une saine mélancolie qu’elle donne envie d’être « ZEN » ou, plus simplement, heureux, amoureux, avec « Agora ou Jamais ».

J’aime à penser que l’essence même de la vie culturelle c’est la transmission, le partage, et que la plus belle des récompenses est d’avoir fait découvrir un artiste à quelqu’un, et que cet artiste l’accompagne et se transmette dans un chuchotement, au creux de l’oreille, comme une caresse.

Avec un peu de chance, ce « quelqu’un », ce sera peut-être… toi.

Pour les fans de jazz, de fado, de tango, de bossa-nova, et tous les autres.

 

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