Là où les gens préfèrent la bière, moi, j’aime le champagne ! J’aime les bulles qui remontent doucement le long du verre. J’aime tenir une coupe de façon classe et distingué. J’aime le goût du brut un peu amer. J’aime la saveur du doré.
J’aime les souvenirs qui reviennent avec les bulles. Le souvenir des primes que l’on a parfois, mais pas de celles qui font plaisir. Le souvenir des belles choses que l’on a déjà, et que l’on a mis du temps à obtenir. Le souvenir des moments que l’on a vécu une fois, et qui donnent un grand sourire. Le souvenir de ce que l’on n’aura probablement pas, et c’est sûrement ça le pire.
Certaines nuits je m’invente Mirabeau, je joue avec les mots. Le Volner me change en Baudelaire sans les rimes ni les alexandrins, mais encore avec le spleen et avec tout son chagrin. Cela ne mène à rien, c’est certain, mais c’est toujours sympa à lire et, après tout, faut bien…
Je pense alors à toi. J’aimerais te rencontrer toi. Partager les plus simples des plaisirs aux plus enflammés des débats. Se projeter à deux ou à trois, et savoir que je pourrais compter sur toi. Pouvoir écrire des textes qui riment un peu des fois, et dont le sujet, demain, sera toi. Imaginer qu’un beau jour ma princesse fera de moi son roi, et t’avoir près de moi quand l’heure de la mort arrivera.
Je pense aussi à toi. J’aimerais te découvrir toi. Te voir serrer mon doigt et, qu’à travers tes cris, je sois rempli de joie. Avoir la gorge nouée quand, pour la première fois, je t’aurais pris dans mes bras. Immortaliser à la caméra tes tout premiers pas, et avoir les yeux mouillés quand tu prononceras tes premiers blablas…
Quand, à ce moment-là, tu m’appelleras « Papa ».