Ouvre la porte

J’t’ouvre la porte, tu m’souris, j’suis conquis, et le reste en cet instant, vraiment, peu m’importe.

Une bise, un verre… entre nous tout est clair. D’un coup tu m’fixes, c’est sévère… j’ai l’cœur à terre. Mais comment résister à tes grands yeux clairs ? L’air hagard, je n’soutiens pas du r’gard, et ferme les yeux… comme un bâtard ! C’est alors que les sens se font plus vivaces. Plus que tu n’le penses, je n’suis qu’une limace.

Lentement, tu t’approches. Rapidement, les effluves magiques et odorantes émanant de ta tête, ton cou, ton buste, tes bras… ton corps entier m’entraînent dans un profond rêve éveillé. Et c’est à moitié sonné qu’un frisson m’parcours la peau, et que j’ t’emmène vers un espace clos. Là on dîne, histoire d’avoir un peu d’repos. Pour moi en tout cas, ce n’sera pas de trop.

Une fois finis tu te fais ludique, tu n’en es que plus divine. J’attache alors tes mains à la mezzanine, et tes cuisses sur mes hanches me boudinent. J’prends ta bouche, comme j’te touche. J’vais vers le cou, ça marche à tous les coups. J’descends vers l’épaule, comme si j’buvais d’la gnôle, et ça m’rend complètement saoul… mais bordel, hé, j’suis où ?! J’m’attaque à la poitrine, coquine, elle a l’goût d’mandarine. Mais j’vais m’arrêter là, ça n’regarde que toi et moi. Et quand finiront nos ébats, j’garderais l’souvenir de toi, nue, allongée sur mon lit avec pour seule lumière que celle de la nuit.

Avant d’partir, j’te rhabille, remets ton manteau, ton enveloppe, ton hermine que j’estime, estime qui va haut, tout là-haut vers des cimes à m’en faire courber l’échine. J’te prends dans mes bras une dernière fois. Un dernier bisou, c’est vraiment très doux. Et j’commence à m’sentir mal, putain j’deviens complètement pâle.

Jolie brindille douce et câline, espiègle et taquine, c’est pour moi comme une mort fine quand j’te laisse et que tu m’délaisses dans cette chaude nuit d’été. Car quand vient le moment de te quitter, toi la jolie poupée, j’aimerais te garder dans la caisse, que tu sois ma princesse, mais c’est avec un grand sourire que tu t’enfuis. J’tiens à toi moi, et puis ? De toute façon c’est du tout cuit, j’suis carrément maudit…

T’ouvres la porte, tu m’souris, j’suis détruit, et savoir quand tu reviendras en cet instant, vraiment, c’est tout ce qui m’importe.

Alors maintenant… on fait quoi ? On s’revoit finalement ou… pas ?